01 juillet 2014

Elle a voulu un hôpital moderne.......

                     Au sortir de la Première Guerre Mondiale, Gabrielle Clémentel, troisième femme d'Etienne Clémentel, maire de Riom, mettrases relations et son argent pour développer et moderniser l'hôpital.

C'est au début du XIXe siècle qu'est née l'idée de l'hôpital, outil à guérir et pas simple lieu d'assistance et internement. Deux conflits majeurs et tout particulièrement la Première Guerre Mondiale ont fait progresser médecine, anesthésie et chirurgie à grand pas. On est passé du quinquina à la cortisone, de la compresse de chloroforme au masque d'Ombredane. Ce sont aussi les début de la radiologie.

Ces avancées et ces nouvelles conceptions de l'hébergement des malades obligent les responsables administratifs et médicaux à adapter leur établissement, avec plus ou moins de bonheur.

                  Clinique chirurgicale en 1927, maternité en 1934 avec chauffage central et sanitaire.!

A Riom, l'hôpital devra beaucoup, pour ne pas dire tout, à Gabrielle Clémentel, fille d'un administrateur d'un grand hôpital et épouse d'Etienne Clémentel, maire de Riom de 1904 à 1936. Au sortir de la guerre de 14/18, c'est elle qui recherche les moyens pour rétablir l'équilibre financier de l'hôpital qui compte alors trois cents lits. Elle organise une vente de charité qui rapporte 10.000 francs. De même, elle suit de près les transformations et les aménagements de cet établissement.

Elle collabore à la vente des tableaux de son mari, en 1926, lors d'une exposition à la galerie Barnheim-Jeune à Paris : toutes les oeuvres exposées de Clémentel, soit 150 toiles et aquarelles, sont vendues, pour un total de 280.000 francs; somme versée à l'hôpital de Riom.

En 1926, Gabrielle Clémentel est ainsi nommée membre du conseil d'administration et fait installer le chauffage central et des sanitaires, l'Etat assumant la moitié des frais.

C'est toujours sous sa direction qu'est créée, en 1927, la clinique chirurgicale Jeanne d'Arc, au premier étage de l'aile orientale : 20 lits ( en réalité 19 car une pièce était nécessaire pour une salle de soins ). Douze chambres de 1 à 3 lits distribuées de chaque côté du couloir, toutes équipées d'un radiateur et d'un lavabo avec eau chaude, les sanitaires se trouvent au bout. Douze chambres portant chacune un nom de fleur ( Roses, Pensées,Violettes, Jasmins, Glaïeuls, Iris, Glycines, Lilas, Cyclamens, Hortensias, Tulipes, Anémones).

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La même année, Mme Clémentel modernise le service de radiothérapie qu'elle avait monté de toutes pièces. Le bloc opératoire est composé d'une salle d'intervention et d'une dite de stérilisation. Celle-ci était importante car à l'époque on ne parlait pas encore d'usage unique, avec la chaleur sèche"Poupineel" pour stériliser seringues, aiguilles, instruments de chirurgie et la chaleur humide "autoclave" pour les champs opératoires, les compresse, les gants de caoutchouc individuels pour chaque médecin. L'accès des services avec salle d'opération et radio se fait uniquement avec l'ascenseur.

En 1934, elle réalise un de ses voeux les plus chers : l'ouverture d'une maternité moderne, dans un bâtiment neuf séparé de l'hôpital. Pour y parvenir, elle organise une tombola. La maternité est inaugurée en même temps que le sanatorium d' Enval, le 1er juillet 1934. La croix de chevalier de la légion d'honneur lui a été remise par le présisent Lebrun. La clinique Jeanne-d'Arc à l'hôpital de Riom fonctionnera durant cinquante ans.

Gabrielle Clémentel est décédée en 1970 dans cet hôpital pour lequel elle avait tant fait.

Dans les années 1950, Gabrielle Clémentel se rendra à Paris avec le Dr Thomas pour défendre (déjà !) le maintien de la maternité auprès du président Auriol. Le service fermera définitivement le 1er mars 2005. Gabrielle Clémentel est décédée en 1970 dans cet hôpital, où il est aujourd'hui impossible, mis à part la chapelle, de retrouver la configuration de l'époque.

Etienne Clémentel, fut plusieurs fois ministres et le seul aux côtés de Clémenceau à l'occasion de la signature du traité de Versailles. Peintre et photographe, il était l'ami de Rodin et des impressionnistes. Claude Monet en le gardant peintre lui dit "si vous deviez abandonner la politique, vous ne crèveriez pas de faim".

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